LE MOT DU PRESIDENT

Cette année encore, le Festival Mawazine a réunit les cultures du monde au cœur d'une même fête. Rabat, fière d'accueillir cet événement, a vécu aux rythmes du monde du 21 au 29 mai 2010, tout au long d'une programmation réunissant des artistes exceptionnels.

La musique a couvert toute la ville grâce aux 9 scènes et aux rues qui étaient en fête : concerts, spectacles, fanfares, danses, processions, exposition…

Toute la capitale fût envoûtée par les vibrations de Mawazine. Les artistes des cinq continents et plus de 50 pays ont envahit la ville de leurs couleurs et tempos pour célébrer la diversité des rythmes et des cultures, notion fondatrice du festival.

La scène internationale a été, cette année encore, très bien représentée, puisque le festival a accueilli d'immenses stars. Pour la première fois se sont produits Elton John, B.B. King, Julio Iglesias, mais aussi Carlos Santana, Mika et Sting qui a donné le concert de clôture très attendu.

La scène orientale a enchanté les amateurs avertis de la musique arabe grâce aux sonorités du Liban avec Majda Roumy, Elissa, Rami Ayach, Myriam Faris, Wael Jasser, de l'Irak avec Majid Al Mouhandiss et de l'Égypte avec Amal Maher et Tamer Hosni.

D'autres formes d'expression artistique n'étaient pas en reste. Les épices des accords latins du Portugal (Deolinda) ont côtoyé ceux de la Géorgie, de la Grèce, du Bangladesh ou de la Mongolie.

Les percussions de l'Afrique ont retenti tout au long du festival en compagnie des artistes ambassadeurs des pays tels que : l'Éthiopie, le Mali, le Bénin, le Sénégal… C'est ainsi que Alpha Blondy, Ismaël Lô, Angélique Kidjo a fait vibrer Mawazine de leurs rythmes endiablés.

Les artistes marocains de la chanson nationale populaire ou lyrique ont fait de cette 9ème édition une fête dont la mélodie résonnait à travers tout le royaume et au-delà de ses frontières. Abdelhadi Belkhayat, Tahour, Aïcha Tachinwit ou Mazagan ont fait le bonheur du large public de Mawazine. Sans oublier Jil Jilala, Bachir Abdou, Fatima-Zahra Lahlou, Mohamed El Ghaoui, Hamid El Kasri, Nouri, Saïd Mouskir et Abderrahim Souiri qui se sont produits entre le 21 et le 29 mai sur les scènes du festival.

Le festival Mawazine - Rythmes du Monde a également favorisé l'expression des musiques urbaines qui ont été très bien représentées à travers la participation de Don Bigg, Oum, Nabyla Maan, Dirty Faces, Chemical Bliss, Setta Fusion...

D'autres artistes connus et reconnus étaient également de la partie, tels que Harry Connick Junior, Maghreb United, Faudel ou Maurane.
Leur participation restera sans nul doute dans les annales du festival.

Ces stars qui ont chanté le partage, la paix et la tolérance, valeurs prônées par Mawazine, ont illuminé les soirées de cet événement devenu incontournable pour les mélomanes.

Parmi les programmes les plus prisés du festival, 9 spectacles de rue ont traversé les principales artères de la ville, proposant des représentations inédites de différents pays et divers horizons, plus enchanteresses les unes que les autres. Animations et fanfares, les festivaliers ont été comblés.

Parmi ces spectacles, Basculoscopie (France) a utilisé l'acrobatie comme langage. Ce carillon géant, immense boîte à musique métallique en mouvement rotatif perpétuel, a baladé ses courbes, contorsions et sauts périlleux dans la ville. Le Carnaval Barranquilla (Colombie), authentique et coloré, a inondé Rabat de ses danses, parades musicales et masques.

Les rues de Rabat ont vu de même déambuler orchestres et fanfares, dont le Kocani Orkestar (Macédoine), qui mixe rythmes turcs, bulgares et harmonies orientales. Ce fût une fête sonore authentique et pleine d'émotion, emmenée par ses douze musiciens et leurs cuivres.

La Fanfare Tirana (Albanie), première fanfare du pays des aigles, a fait résonner sa musique qui ne ressemble à aucune autre, au croisement des courants anciens de la musique ottomane et de l'influence des petites formations, carrefour de l'Occident et de l'Orient.

Fanfaraï (Maghreb-France), formation atypique et originale, métisse les musiques traditionnelles du Maghreb en les confrontant à d'autres influences comme les musiques afro-cubaines, le jazz ou les musiques modales. Mais aussi OSTINATONO, groupe de percussions marocain, ALI ALAOUI et AISSAOUA.

Avec découverte et diversité pour principes, c'est en tout logique que le festival a permis, à travers l'exposition du musée d'art contemporain d'Anvers, de faire un voyage à travers une prestigieuse collection d'art contemporain.

Le Festival Mawazine est également l'occasion de rencontres uniques et parfois inattendues, entre des artistes d'origines et de sensibilités variées, donnant naissance à de réelles créations artistiques, promesses de moments d'exception.

L'édition 2010 a été entre autres, celle de l'union entre le rap marocain et la musique cubaine avec Don Bigg et Omar Sosa. Liu Fang, soliste de pipa (guitare chinoise) et Driss El Maloumi, virtuose marocain surnommé «l'enchanteur du oud» (luth oriental), ont mêlés leurs accords pour le plus grand bonheur d'un public aujourd'hui averti.

Le spectacle Dunes, a introduit la danse au cœur de la capitale, à travers un dialogue instauré entre le flamenco et la danse contemporaine, par deux grands chorégraphes, stars de la danse moderne, d'origine marocaine, Sidi Larbi Cherkaoui, et espagnole, Maria Pagès.

Pour la première fois, le Festival Mawazine a fait en outre la part belle aux nuits blanches. Deux soirées DJ et une soirée New Wave ont enflammé le dancefloor rbati.

Les soirées DJ ont clôturé les concerts des têtes d'affiche les samedis 22 et 29 mai. Là encore, la diversité fût loi : Amine K (Maroc), Antoine Clamaran (France), Karsh Kale (Inde), Max Zotti (Italie) et Laurent Wolf (France) se sont produits sur la scène OLM Souissi.

Enfin, la soirée New Wave, en clôture du festival, a offert un live non stop de 14h00 à 02h00, de jeunes talents et d'artistes plus confirmés, composant un bouquet de genres musicaux de la nouvelle scène marocaine urbaine. Ainsi, la vocation festive du Festival Mawazine s'est mêlée à la volonté d'œuvrer en faveur de la création artistique.